Cuba a été plongée dans le noir ce lundi après une déconnexion totale du réseau électrique national, provoquant une panne généralisée à travers l’île. Cette nouvelle interruption s’ajoute à une crise énergétique sévère et persistante, près des deux tiers du territoire ayant déjà subi des coupures de courant plus tôt en mars.
**Une île sous blocus énergétique**
Ces pannes surviennent dans un contexte de pénurie aiguë d’énergie. Depuis janvier 2026, Washington a imposé un blocus énergétique, interrompant les livraisons cruciales de pétrole en provenance du Venezuela, le principal fournisseur de Cuba. L’administration Trump a en outre menacé de sanctionner tout pays qui enverrait du carburant à La Havane. Avec son approvisionnement étranglé, la nation de 9,6 millions d’habitants a été contrainte de rationner l’essence et de réduire son activité économique.
**Les remarques provocatrices de Trump**
Au milieu de cette fragilité croissante, le président Donald Trump a tenu des propos étonnamment agressifs. Interrogé à la Maison Blanche, il a ouvertement évoqué la possibilité de “prendre” Cuba.
“Je pense que j’aurai l’honneur de prendre Cuba”, a déclaré Trump aux journalistes. “Que ce soit pour la libérer ou la prendre… Je pense que je peux en faire ce que je veux.” Il a décrit l’île comme “une nation très affaiblie”.
**La Havane cherche une bouée de sauvetage économique**
Confronté à la double crise économique et énergétique, le gouvernement cubain semble chercher une nouvelle voie. Les autorités s’apprêtent à annoncer l’ouverture de certains secteurs économiques à l’investissement étranger, y compris de la part des Cubains vivant à l’étranger.
“Cuba est ouverte à une relation commerciale fluide avec les entreprises américaines, mais aussi avec les Cubains résidant aux États-Unis et leurs descendants”, a déclaré lundi le vice-premier ministre Oscar Pérez-Oliva Fraga. L’objectif est de permettre aux exilés d’investir dans des entreprises privées sur l’île.
Cependant, ces projets se heurtent à un obstacle majeur : l’embargo américain de longue date, qui restreint sévèrement les investissements américains à Cuba.
**Pourparlers discrets et exigence d’un changement de leadership**
Malgré les tensions publiques, des discussions entre les deux nations se poursuivraient dans les coulisses. Cuba a confirmé être en pourparlers avec Washington et a récemment libéré plusieurs prisonniers politiques dans le cadre d’un accord médié par le Vatican.
Trump a également reconnu que des négociations étaient en cours. “Cuba veut faire un accord”, a-t-il déclaré dimanche à bord d’Air Force One. “Je pense que très bientôt, soit nous conclurons un accord, soit nous ferons ce que nous devons faire.” Il n’a pas précisé ce que cette action pourrait impliquer.
De plus, comme l’a révélé The New York Times, l’administration Trump pousse pour que le président cubain Miguel Diaz-Canel quitte le pouvoir. Citant des sources proches des réunions, le rapport indique que les responsables américains ont dit aux négociateurs cubains que le président devait partir, laissant à Cuba le soin de décider de la suite.
