Le Premier ministre Shehbaz Sharif est arrivé à Djeddah ce jeudi pour une réunion critique avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (MBS). Cette visite intervient dans un contexte de fortes tensions au Moyen-Orient, secoué par une guerre américano-israélienne contre l’Iran ayant déclenché un conflit régional élargi.
Une diplomatie à haut risque en quelques heures
Cette visite officielle, effectuée sur invitation du prince héritier saoudien, ne devrait durer que quelques heures. Le Bureau du Premier ministre a indiqué que les dirigeants auront des discussions détaillées sur « la situation actuelle dans la région, l’état de la sécurité régionale et les relations bilatérales ». Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Ishaq Dar, accompagne le chef du gouvernement.
Le Pakistan a intensifié sa diplomatie depuis le début du conflit, déclenché par des attaques ayant causé la mort du guide suprême iranien. Cette visite souligne le rôle d’Islamabad en tant que médiateur potentiel. « Cette visite met en lumière le rôle positif du Pakistan sur la scène diplomatique, et le Pakistan continuera à jouer ce rôle », a ajouté la déclaration du Bureau du Premier ministre.
L’ombre du pacte de sécurité sur les discussions
Les pourparlers se déroulent dans le contexte de l’historique Accord stratégique de défense mutuelle (SMDA) signé entre les deux nations en septembre dernier. Ce pacte considère une attaque contre l’un des pays comme un acte d’agression contre les deux.
Cet engagement a été récemment mis à l’épreuve alors que l’Iran a ciblé des installations dans les pays du Golfe, dont l’Arabie Saoudite. La semaine dernière encore, le chef des forces de défense du Pakistan, le maréchal Syed Asim Munir, s’est entretenu avec le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, pour discuter des attaques iraniennes dans le cadre de leur accord de défense commun.
L’escalade régionale et ses retombées économiques
Le conflit a eu des conséquences mondiales immédiates. La fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran a fait flamber les prix du pétrole, avec des avertissements sur un baril pouvant atteindre 200 dollars. L’Arabie Saoudite a confirmé avoir intercepté cette semaine plusieurs drones visant son champ pétrolier crucial de Shaybah, une installation clé pour les marchés mondiaux de l’énergie.
Le Pakistan a réitéré son soutien indéfectible à Riyad. Le porte-parole du Premier ministre pour les médias étrangers, Mohsarraf Zaidi, a récemment déclaré qu’il était « incontestable » qu’Islamabad viendrait en aide à l’Arabie Saoudite « quoi qu’il arrive et à tout moment », soulignant le profond partenariat stratégique.
Alors que le Premier ministre Shehbaz Sharif s’engage dans ces pourparlers rapides et de haut niveau, le monde observe si les canaux diplomatiques peuvent contribuer à désamorcer un conflit qui menace à la fois la stabilité régionale et l’économie mondiale.
