Le ministère français de l’Économie et des Finances a fermement rejeté les affirmations selon lesquelles l’État serait le “grand gagnant” des récentes hausses des prix des carburants, liées aux tensions au Moyen-Orient. Ce démenti est intervenu jeudi suite aux accusations de Dominique Schelcher, PDG des enseignes Hyper U et Super U, qui soutenait que “plus de 51% du prix que vous payez à la pompe part directement dans les poches de l’État”.
Pour comprendre la composition du prix à la pompe, les données de l’Union française des industries pétrolières (Ufip) apportent un éclairage nuancé. Environ 30% du prix couvre le coût de la matière première, 50 à 55% sont constitués de taxes (TVA et taxe intérieure de consommation), et 15 à 20% représentent les coûts de distribution. Le ministère a souligné que la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) ne fluctue pas avec le cours du marché du carburant.
“La seule partie qui augmente lorsque les prix montent est la TVA”, fixée à un taux de 20%, a précisé un porte-parole du ministère lors d’un point presse. Le ministère a en outre argué qu’un choc pétrolier est “jamais une bonne nouvelle pour les finances publiques”, car il pèse sur la croissance économique et, par conséquent, sur les recettes de l’État.
Face à la situation, le ministère de l’Économie a rencontré les distributeurs de carburants pour s’assurer qu’ils n’appliquent pas de hausses excessives, disproportionnées par rapport à la montée du prix du baril. L’Ufip a indiqué que cette réunion s’est conclue sur une position unanime concernant la sécurité d’approvisionnement, affirmant qu’il n’y a “pas de rupture, pas de crainte à avoir sur l’approvisionnement”, avec un taux de fonctionnalité des stations-service national de 97%.
Le ministre délégué Roland Lescure avait auparavant appelé au calme, assurant qu’il n’y aurait pas de pénurie nationale. Les données gouvernementales montraient jeudi matin un prix moyen du litre de SP-95/E10 à 1,78 €, en hausse de sept centimes depuis le 27 février.
