Les autorités énergétiques pakistanaises élaborent de toute urgence un plan de contingence pour gérer un déficit potentiel de gaz après que QatarEnergy a suspendu la production de gaz naturel liquéfié (GNL). Cet arrêt fait suite aux récentes attaques de missiles en provenance de l’Iran et aux perturbations du trafic maritime dans le détroit stratégique d’Ormuz, exposant la forte dépendance du pays au carburant importé.
**Mesures immédiates et approvisionnements alternatifs**
Des responsables ont indiqué que le gouvernement va immédiatement restaurer 350 millions de pieds cubes par jour (MMcf/j) de gaz local précédemment réduit pour renforcer le réseau. Ce gaz avait été limité pour gérer la pression des pipelines. Les autorités envisagent également d’augmenter la production nationale de pétrole et de gaz.
Comme alternative clé, le gouvernement évalue un recours à la Socar Trading Company d’Azerbaïdjan pour s’approvisionner en 200 à 250 MMcf/j de GNL si la consommation intérieure augmente de manière inattendue. Un plan définitif est attendu dans les prochains jours.
**Contrats perturbés et vulnérabilités du marché**
Dans le cadre d’accords à long terme normaux, le Pakistan importe neuf cargaisons de GNL par mois du Qatar et une de la firme italienne ENI. Cependant, des arrangements antérieurs avaient déjà détourné une partie de cet approvisionnement pour 2026, anticipant une demande intérieure plus faible.
“Chaque crise dans le Golfe expose notre dépendance excessive au GNL et au pétrole brut importés”, a averti un analyste énergétique senior. “Lorsque des points de passage stratégiques comme le détroit d’Ormuz sont menacés, le Pakistan n’a presque aucune marge de manœuvre.”
**L’accord avec Socar, une bouée de sauvetage**
Le Pakistan peut acheter les cargaisons de GNL nécessaires auprès de Socar dans le cadre d’un accord d’un an signé en juillet 2023, qui est renouvelable. Socar peut proposer des cargaisons avec un préavis de 45 jours pour que la Pakistan LNG Limited (PLL) les accepte.
Cependant, des responsables mettent en garde contre le fait que les engagements existants de Socar envers d’autres acheteurs asiatiques, notamment la Chine, le Japon et l’Inde, pourraient limiter la disponibilité. De plus, le GNL précédemment détourné d’ENI ne peut être restauré.
**Gestion de la demande et risques systémiques**
Un haut fonctionnaire a noté qu’une demande saisonnière plus faible pour le chauffage et la climatisation en mars devrait maintenir la consommation de gaz à un niveau gérable, la demande d’électricité n’étant pas non plus susceptible de monter en flèche. La priorité du gouvernement est de protéger les consommateurs domestiques, ce qui signifie que les utilisateurs industriels et commerciaux pourraient faire face à des délestages de gaz prolongés en cas de soudaine augmentation.
Le conflit en cours entre les États-Unis, Israël et l’Iran place Islamabad dans une position délicate. Les décideurs politiques doivent équilibrer la restauration du gaz local, la sécurisation de GNL alternatif et la gestion de la demande, le tout dans un marché mondial tendu qui pourrait manquer de capacité excédentaire pour répondre aux besoins du Pakistan.
Cet épisode a mis en évidence de manière frappante les vulnérabilités structurelles de la chaîne d’approvisionnement énergétique du Pakistan, suscitant des appels urgents à une stratégie plus résiliente.
